Croissance

L'industrie du chanvre et du cannabis, un moteur économique en pleine croissance au Québec

L'industrie du chanvre et du cannabis est devenue un acteur économique majeur au Québec, contribuant de manière significative au PIB de la province et créant des emplois de qualité et comptant plus de 200 entreprises partout au Québec.

Publié et mis à jour le 21 juillet 20253 min de lecture
L'industrie du chanvre et du cannabis, un moteur économique en pleine croissance au Québec
Association québécoise de l’industrie du cannabis

Un rapport récent, commandé par l'Association québécoise de l'industrie du chanvre et du cannabis (AQIC) et réalisé par la firme d'analyse économique AppEco, met en lumière le portrait détaillé de ce secteur en pleine expansion.

Contribution au PIB du Québec

L'étude, intitulée "Analyse économique de l'industrie du chanvre et du cannabis" et basée sur des données de 2024, révèle une contribution économique de près de 1,36 milliard de dollars au PIB québécois. Cette somme inclut 450 millions de dollars en revenus publics nets qui bénéficient directement aux gouvernements. Ces revenus d'État sont réinvestis dans des initiatives "vertueuses", alimentant notamment le Fonds de prévention et de recherche en matière de cannabis (FPRMC). Ce fonds est spécifiquement dédié à la prévention des méfaits du cannabis, à la promotion de la santé, et au soutien de la recherche sur ses effets, ainsi qu'aux soins curatifs liés à son usage. Le président-directeur général de l'AQIC a souligné que, grâce à la légalisation, ces montants "bénéficient maintenant aux Québécois plutôt qu'au marché illicite".

Impact sur l'emploi

Au-delà de sa contribution financière, l'industrie est un important pourvoyeur d'emplois. En 2024, le secteur a soutenu environ 8 163 emplois au Québec. Ces emplois se distinguent par leur qualité, avec une rémunération annuelle moyenne élevée de 107 257 dollars.

Les produits de l'industrie

Un aspect souvent méconnu, mais crucial, de l'industrie est la polyvalence de la plante de chanvre et de cannabis, qui sert de matière première à une grande variété de produits. En plus du secteur pharmaceutique, avec ses médicaments et produits de bien-être, on retrouve des applications dans les industries de l'alimentaire, du textile, des papiers et cartons, de la nutrition animale et des matériaux de construction. Martin Caron, président général de l'Union des producteurs agricoles (UPA), a d'ailleurs noté qu'en 2024, le cannabis s'est classé "au cinquième rang des cultures" au Québec en termes de recettes monétaires agricoles, derrière le maïs-grain, le soja, les produits de l'érable et les légumes de plein champ. Cette réussite, selon lui, repose sur "le savoir-faire des productrices et producteurs d'ici". Il est à noter qu'au moment d'écrire ces lignes, Santé Canada avait émis 216 licences actives de vente, transformation et culture du Canabis au Québec. Pour ce qui est du chanvre industriel, il y avait 117 licences actives au Québec en 2023.

Les défis à relever

Malgré ces succès, le rapport met en lumière plusieurs défis que l'industrie doit surmonter pour réaliser son plein potentiel. L'étude conclut que la croissance future dépendra de plusieurs ajustements. Ces défis incluent la nécessité de moderniser le cadre réglementaire, d'instaurer une meilleure équité fiscale, d'obtenir une reconnaissance complète du cannabis comme culture agricole et de renforcer son acceptabilité sociale. De plus, il est crucial de mettre en place une stratégie de développement axée sur la diversification et l'innovation.

Le marché illégal continue de représenter un obstacle, car le marché légal ne couvre actuellement qu'environ 60 % de celui-ci. Pierre Emmanuel Paradis, économiste et président d'AppEco, espère que "les entreprises et les travailleurs qui la composent pourront bénéficier des ajustements nécessaires afin d'atteindre pleinement ce potentiel, particulièrement dans le domaine du chanvre industriel et du CBD". Le président de l'AQIC a ajouté que son association était prête à "travailler conjointement" avec les gouvernements du Québec et du Canada pour identifier les meilleures solutions et libérer ainsi le plein potentiel économique de l'industrie. L'industrie a également déjà fait ses preuves à l'étranger, avec des exportations internationales atteignant plus de 610 millions de dollars en 2024.

En conclusion, le rapport de l'AQIC et d'AppEco brosse un tableau éloquent d'une industrie florissante, mais qui nécessite une collaboration des différents acteurs pour surmonter les obstacles qui l'empêchent d'atteindre son potentiel maximal.

Association québécoise de l’industrie du cannabis

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